Newsletter mai 2020


Bonjour à tous,

 

Comme vous l’imaginez bien, cette année le festival les Filmeurs, un festival en Liberté, ne pourra pas se tenir aux dates prévues initialement du 8 au 12 juillet.

Grâce aux précieux et chaleureux conseils et encouragements d’amis que nous avons sollicités, nous avons décidé - pour l’instant - de maintenir l’édition 2020 et de la reporter du 26 au 30 août.

Nous précisons bien « pour l’instant » car en l’état actuel la confusion est à son comble.

- Confusion au niveau étatique, qui ne sait pas et qui nourrit une défiance absolue.

- Confusion des fameux « spécialistes » égotiques qui ne savent pas plus.

- Confusion, enfin, de vous, de moi, de nous, qui ne savons rien non plus.

 

Ce qui nous relie tous, ou presque, c’est une somme de peurs multiples, légitimes autant qu’irrationnelles mais bien palpables, bien réelles et dominantes.

- Une peur de la maladie

- Une peur d’un « après » sauvagement liberticide

- Une peur d’un re-départ écologiquement catastrophique du "comme avant" qui nous mènera fatalement au désastre

- Une peur du chaos social si tout cela explose trop vite

- Une peur d’un peu tout ça à la fois

 

Quelques fous, peu nombreux heureusement, ont même peur de rien !...

Un comble par les temps qui courent !

 

Aux Filmeurs, ce que nous ne voulons pas : 

- C'est mettre en danger les spectateurs, ni les mettre mal à l’aise, ni créer de faux débats, de vraies tensions et autres malentendus.

- C'est être contrôlés, surveillés, encerclés; ça ne sera pas possible. Soit la manifestation est acceptée et nous la mènerons comme bon nous semble avec les règles et le bon sens en vigueur - en grandes filles et grands garçons que nous sommes - soit nous l'annulerons.

- C'est rajouter de la pollution.

Mais ce que nous voulons :

- C'est continuer à porter les couleurs d’un savoir poétique et cinématographique qui se partage par le haut.

- C'est continuer la symbiose entre nature et culture.

- C'est créer plus que jamais de la convivialité, de la musique, de la réflexion, du joyeux et du champêtre !

- C'est proposer la rencontre des corps et des esprits ! Seule chaumière humaine où il fait bon l’hiver et frais l’été. 

 

Alors, comme dirait l’autre, rendez-vous en juin pour faire le point !

Dans ce moment tragique au temps suspendu poussent paradoxalement un peu partout de magnifiques fleurs sauvages !

Plus d’avions inutiles et meurtriers ! Plus de cargos honteux ! Plus de jeans, de baskets et tout le reste qui font deux fois le tour du monde pour créer des richesses abstraites et des pauvretés concrètes, des circuits courts de distributions qui explosent, une solidarité retrouvée aux quatre coins des quartiers !… Et un ciel étoilé comme en aurait rêvé notre ami Apollinaire !

Il ne tiendra qu’à nous, à notre vigilance et à notre acuité du monde pour ne pas faucher, broyer, noyer, empoisonner ces quelques roses miraculeusement ressurgies d’un passé qu’on croyait disparu !

 

Et c'est peut-être pour mener à bien cette lutte, par le biais du poème cinématographique, que notre festival existe, aussi petit soit-il.