Les saisons

Artavazd Pelechian - Arménie – 1975 – 29' - Projection samedi 7 juillet à 18h00

Présenté par Serge Avedikian

La mise en scène lyrique de quelques moments forts de la vie quotidienne de bergers d'Arménie qui s'inscrivent dans le cycle des saisons : la fenaison, la transhumance sont les principaux leitmotivs de ce poème cinématographique. Glissades à flanc de montagne sur des traîneaux de paille, brebis égarées dans un torrent bouillonnant, Pelechian et sa caméra se laissent emporter par une ronde de la vie menée par les bergers arméniens. Moissons, transhumances, les saisons se suivent, prolongeant les rites de ces éleveurs dans un éternel recommencement. Sans commentaire et d’une force visuelle qui fonctionne comme un effet de boucle, ce n’est pas un documentaire mais un véritable poème qui nous hypnotise. Une intuition cosmogonique de l’Arménie et du monde.



Sur la musique de Vivaldi, Pelechian distille un symbolisme émotionnel, des essences à l'état pur. Il dresse l'histoire de la nation arménienne depuis ses origines préhistoriques dans les cavernes de l'Ararat.

Les Saisons sont les quatre âges de l'histoire du monde arménien, depuis sa naissance du chaos volcanique, jusqu'à l'époque industrielle. Des images d'une rare beauté, des symboles d'une très grande densité, nous amènent à une dernière image splendide d'ambiguïté : elle dit peut- être la tension entre les deux blocs, alors qu'un tout petit pays comme l'Arménie et des centaine d'autres comme elle, en sont l'enjeu.

Hovhaness Pilikian


Fin

Artavazd Pelechian - Arménie – 1992 – 8' - Projection samedi 7 juillet à 18h30

Un train avance vers..."Fin". Tourné caméra à l’épaule dans le train Erevan-Moscou. Musique de La Passion selon St Jean de Bach. Dans le train de Moscou à Erevan, Pelechian filme, caméra à l'épaule, des hommes et des femmes, d'âges et d'ethnies différentes.

Tous pris dans le défilement du voyage, un voyage sans horizon, dans ce lieu communautaire, ensemble malgré eux, où toute figure se dilue dans sa contemplation et tourne à l'abstraction. Jusqu'à ce qu'un tunnel assène une "fin" au film, fin provisoire puisque le film suivant « Vie » semble prolonger le questionnement. Pelechian les propose ainsi comme un dyptique.


Rien d'autre que l'unité de lieu ne relie ces hommes et ces femmes de tous âges, dont il est difficile de ne pas remarquer qu'ils appartiennent à des ethnies différentes, tous donc, embarqués dans le même wagon -- à chacun de bâtir le symbole que lui inspire cette situation. La caméra aussi est parmi eux, qui cadre la fenêtre, le paysage qui file, les arbres qui dessinent des volutes d'ombres, des arabesques quasi abstraites, transformant Fin en un flicker film jusqu'à ce que le train s'enfonce dans un tunnel.

Jacques Kermabon


Vie

Artavazd Pelechian - Arménie – 1993 – 7' - Projection samedi 7 juillet à 18h40

Images d’accouchements, son d’un cœur qui bat, musique du Requiem de Verdi. Suite du film Fin. Tourné à Erevan et à Moscou. Le profil d'une femme, tendu, défiguré - comme dans la jouissance - ainsi qu'en amorce, des gestes ancestraux. Le port de l'enfant qui vient de naître, magnifié par un ralenti, une contreplongée et l'abstraction de l'espace qui l'entoure, évoque une iconographie religieuse tout comme le portrait de la mère et l'enfant.


Vie est réalisé en couleur et est consacré à la naissance. On n'y voit rien de La naissance du monde, simplement le profil d'une femme, tendu, défiguré -- comme dans la jouissance -- ainsi qu'en amorce, des gestes ancestraux. Le port de l'enfant qui vient de naître, magnifié par un ralenti, une contreplongée et l'abstraction de l'espace qui l'entoure, évoque une iconographie religieuse tout comme le portrait de la mère et l'enfant.

Jacques Kermabon