Cinéclub Honfleur

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Projection du mardi 3 novembre à 18h30

Antoine Doinel vient de quitter l’armée, où il s’était engagé. Amoureux de Christine Darbon, il fait divers petits métiers. Il se fait embaucher dans l’agence de détectives. Le directeur de l’agence lui confie une mission dans le magasin de chaussures de monsieur Tabard, mais Antoine tombe amoureux fou de madame Tabard.

 

Petit miracle de drôlerie, de liberté, d’insouciance. Un film de la nouvelle vague profondément joyeux, foutraque, insaisissable, merveilleux !


Projection du mardi 6 octobre à 20h30

Une œuvre majeure du cinéma. Tout y est : le jeune Henry Fonda, icône de la lutte contre toute forme d’injustice, un noir et blanc audacieux, une mise en scène masquée du grand Ford et une dimension sociale et poétique qui restera une référence. Un film plein d’espoir et d’une foi indéfectible en l’humanité.

Après le crack boursier de 1929 aux Etats-Unis, pour que le système surmonte cette première crise, il aura fallu sacrifier les plus pauvres. Le peuple dépossédé de tout est plus miséreux que jamais mais il est toujours là, comme une masse indestructible que la classe dominante, déconnectée des réalités humaines et du terrain, ne peut sereinement appréhender, pas plus qu’elle ne pourrait la supprimer.

Un an après la parution en 1939 du livre de John Steinbeck, John Ford en fait une adaptation encore plus engagée et plus radicale que l’auteur du roman.


Juin 2020

Bonjour à tous,

La mairie de Honfleur, dans sa grande sagesse, a préféré reporter à la rentrée notre prochaine rencontre dans le cadre du ciné-club de Honfleur. C'est pourquoi nous ne pourrons pas organiser une nouvelle projection ces mardi 7 juillet et 4 août. 

Nous vous donnons donc rendez-vous le mardi 1er septembre à 20h30 !

D'ici là, nous aurons peut-être l'occasion de vous retrouver pour la septième édition du festival les Filmeurs qui se tiendra du 27 au 30 août 2020 à Conteville.

A très bientôt donc !

Emmanuel des Filmeurs


Avril 2020

Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous l’imaginez bien, il n’y aura pas de ciné-club à Honfleur en ce premier mardi du mois d’avril, et le poisson disparu de nos rivières n’y est pour rien...

Nous en sommes bien tristes et c’est pourquoi je vous propose quelques titres de films qui peuvent avoir un certain écho avec ce que l’on vit, et en particulier avec cette notion - nouvelle pour nous - de confinement.

En cinéma, comme en littérature ou autre domaine artistique, il existe un genre assez particulier qui s’appelle le « huis clos ». Les quelques films que je vous propose de voir ne sont pas toujours à proprement parler des modèles du genre mais ils traitent tous plus ou moins de l’enfermement. L’enfermement brutal et autoritaire ou volontaire et joyeux qui auront en commun de proposer un point de fuite. L’enfermement alors pour mieux se protéger, protéger les siens mais aussi par nécessité, ruse ou tout simplement pour mieux se marrer et mieux repenser l’extérieur, la reconquête de soi-même et de son rapport aux autres.

Sortir détruit, abîmé, désabusé peut-être… ou grandi, nouveau, différent, un peu plus libre ?...

D’abord, le plus drôle et encore du grand Billy Wilder :

 « Embrasse-moi idiot  » (« Kiss me stupid ») Film américain noir et blanc de 1964.

 Dean Martin, qui joue pour ainsi dire son propre rôle, est retenu prisonnier sans le savoir dans une petite ville perdue au milieu du désert. L’occasion pour chaque protagoniste de réinterroger l’amour, son couple, son avenir, ses ambitions, ses folies, ses envies. Quand tout cela sera assouvi, réglé, revu, apaisé, la cage pourra se rouvrir et l’oiseau rare pourra de nouveau aller chanter ailleurs. Autour de Dean Martin, il y a Kim Novak, aussi émouvante que drôle, et toute une ribambelle de joyeux lurons qui font de cette comédie un joyau d’invention et de liberté insoupçonnée qui sommeille trop profondément en chacun de nous. On enferme quelqu’un le temps de se libérer. Formidablement drôle…

Cliquer ici pour voir le film (VO non sous-titrée)

« Underground » d’Emir Kusturika. Film européen et Yougoslave couleur de 1995.

« Il était une fois un pays » étant le deuxième titre, il est question ici de la fin d’un pays qui s’appelait la Yougoslavie. Film d’une puissance poétique à l’imaginaire débridé comme seul Kusturica aura su le faire ces dernières décennies. Magistrale mise en scène, haute en couleur et en rebondissements, aux interrogations politiques subversives dans une mise en scène au sommet d’un art singulier propre à ce metteur en scène sulfureux autant que génial.

Ici, il est question d’un enferment planifié, masqué et contrôlé sous couvert de protection (une rengaine bien connue) afin de mieux contrôler une population donnée pour pouvoir l’exploiter à sa guise.

C’est l’histoire d’une famille qui est enfermée dans une cave en 1941 et à qui l’on fait croire jusqu’en 1960 que les Nazis de la seconde guerre mondiale sévissent toujours au dehors et qu’ils doivent rester cachés. L’occasion rêvée pour Kusturica de libérer son imagination débordante et poétique et créer dans une cave tout un monde fait de bric et de broc, d’organisation hallucinante, drôle, dérisoire, singulière et inventive. Un enfermement politique qui devient un enfermement poétique…Cliquez ici pour voir le film

«  Les oiseaux » («  The Birds » ) d’Alfred Hitchcock. Film américain couleur de 1961.

« Les Oiseaux » est le film par excellence qui traite de l’agression extérieure imprévisible, impalpable, sans solution, qui partira ou non comme elle est venue. On ne peut juste que tenter de se barricader, de rester chez soi et espérer qu’on sera épargné.

On est au cœur de l’angoisse. On s’enferme ici seulement pour essayer de survivre. Thriller nerveux, suspens rare où les effets spéciaux assez grossiers de l’époque ne font que rajouter à cette idée que le mal pur, destructeur, sans aucune logique propre n’a pas de forme, pas de nom, pas de visage. Juste des oiseaux, n’importe quels oiseaux « en vrai » comme en carton qui font en temps normal la beauté du monde.

Thérapie de choc, donc, avec un film mythique fait par un réalisateur mythique. Du très grand Art. Cliquez ici pour voir le film

« Ne me libérez pas je m’en charge » Documentaire de Fabienne Godet. Film français couleur de 2008

Nous avons passé ce documentaire il y a deux ans dans le cadre de notre festival Les Filmeurs en présence de Michel Vaujour. Personnage central de ce film, homme charismatique, ancien ennemi public n°1 qui a passé 27 ans en prison dont 13 en quartier de haute sécurité et qui s'en est échappé 5 fois... Là, on ne parle même plus de confinement... Si c'est homme est un véritable esprit de lumière, s'il a survécu à tant d'années d'isolement total, s'il a pu s'échapper autant de fois dans des conditions toujours plus extraordinaires, c'est parce qu'il a toujours su trouver le chemin de la liberté. Et cette liberté, il l'a trouvée au plus profond de lui-même. Yoga et méditation poussé à un point hors norme. Capable de faire descendre son pouls à moins de 30 pulsations minute, de maîtriser chaque millimètre de son corps jusque dans les moindres subtilités (prendre une empreinte de clé dans une bousculade avec une peau de Babybel, enlever son caleçon avec un faux pistolet à la main à la vue de tous sans que personne ne le voit, etc.). Cette sagesse intérieure, cette précision qui émane d'un développement extrême de tous les sens, propre à tous mais introuvable pour la plupart, il a su la faire remonter à sa conscience, lui donner corps et vie. A tel point qu'il a pu se guérir seul sans aucune rééducation d'une hémiplégie après avoir reçu une balle dans la tête. Il a maîtrisé mentalement sa balle pour qu'elle ne le gêne plus puis est allé chercher chaque muscle paralysé pour les ramener à la vie. Un voyage intérieur, une quête de vie bien rendue dans ce magnifique documentaire de Fabienne Godet, à voir et à revoir. Le confinement devient alors une plaisanterie...  Cliquez ici pour voir le film

« Shining » de Stanley Kubrick. Film américain et canadien couleur de 1980.

Autre huis clos de légende, « Shining » est un film qui aura marqué pas mal de générations. Dans le genre petite famille confinée qui « pète un plomb », on ne fait pas mieux... Le film est indissociable de Jack Nicholson qui joue le père de famille qui doit finir d'écrire un livre. Pour ce, il part avec sa femme et son fils dans un hôtel fermé et coupé du monde. L'interprétation de Nicholson nous apparaît aussi dingue que son personnage. Si l'on veut (et si on arrive à garder son sang-froid), on peut s'amuser à voir ce film sous l'angle du mensonge et de la malhonnêteté. Mensonge de l'image stéréotypée de la famille classique. Mensonge de l'écrivain et de son inspiration. Mensonge de l'amour, mensonge avec les enfants et mensonge même du cinéma puisque Stanley Kubrick n'hésite pas à casser l'honnêteté des codes cinématographiques pour servir son histoire. Mais la morale du film est sauve et tient en une phrase : « Un tien vaut mieux que deux tu l'auras »...

Déconseillé aux gens cardiaques... Cliquez ici pour voir le film

« Un condamné à Mort s’est échappé » de Robert Bresson. Film français noir et blanc de 1956.

Le film le plus exigent de cette petite sélection. Robert Bresson est un metteur en scène hors du commun, unique en son genre, qui en une poignée de films aura porté le cinématographe (comme il le nommait) sur une autre galaxie. Une sorte de Jean Sébastien Bach du cinéma pour aller très vite… Ses films sont déconcertants, riches, austères, rigoureux et atteignent la quintessence même de la vie et de la joie. Des chefs-d'oeuvres au sens le plus profond du terme. « Un condamné à mort s’est échappé » est une parfaite introduction pour découvrir son œuvre. Le film, dont tout est dit dans le titre, nous montre pas à pas comment un jeune résistant en 1943, condamné à mort par les nazis, va arriver à mettre en place son évasion. Véritable huis clos dont on ne sortira qu’avec l’évadé. Ce film a cela de remarquable qu'il met en opposition, en balance, un corps de prisonnier, qui plus est condamné à mort, dans un esprit libre, vivant et plein d'inventions. Tant que l'intelligence est au travail, il y aura toujours un endroit où l'homme restera libre et vivant. C'est ce que nous essayons tous de faire. Cliquez ici pour voir le film

« Rio Bravo » d' Howard Hawks. Film américain couleur de 1959

Le meilleur pour la fin ? Le plus merveilleux en un sens. Le renversement est total. On va en prison pour ne pas se faire faire prisonnier, on y découvre l'amour, l'amitié, la solidarité et la rédemption. Tout y est. Le jeu merveilleux des acteurs avec le merveilleux Walter Brennan en prime, l'intelligence de la mise en scène, les actions à rebondissement, les mouvements de caméra, les couleurs, les filles qui aiment et qui sauvent et si l'on n'est pas trop allergique à l'extraordinaire John Wayne, aussi magnifique acteur qu'il était odieux dans la vie, on peut voir deux autres variations du même génial Howard Hawks sur exactement le même thème : « El Dorado » et « Rio Lobo ».

Un western insolite, magnifique, ou tout se passe ou presque en prison, les shérifs dedans, les bandits dehors... A bon entendeur..  Cliquez ici pour voir le film

 

Voilà pour ces quelques propositions de cinéphile. J'espère qu'elles vous donneront envie d'aller piocher une de ces pépites. Bien sûr, chacun pourra enrichir cette liste à sa guise et nous la faire partager. Ce n'est pas les films qui manquent sur le thème de l'isolement, de la captivité et autre confinement ou enfermement.

Je vous joins les liens pour les voir (Ils sont généralement en HD, VOSTFR et payants). 

Puisque notre salle de cinéma est fermée (mais heureusement pas nos usines du Havre qui continuent de nous apporter leurs bonnes odeurs du matin), l'idéal est de les voir en VO. sur vidéo-projecteur ou au pire sur un ordinateur. Éviter les écrans plats sans réglages particuliers où les images de ces chefs-d'oeuvres donnent l'impression d'avoir été tournées avec le téléphone portable de ma grand-mère !

 

Enfin, quelque soit le dénouement de cette période suspendue que nous vivons tous et en espérant qu'elle ne sera pas trop triste pour certains, je souhaite qu'elle s'inscrive en nous comme un nouveau point de repère et qu'elle ne nous laissera pas indifférents pour l'avenir...

 

Bon films à tous, les amis et à bientôt !

Emmanuel des Filmeurs, un festival en Liberté


Novembre 2019 - Cinéclub Honfleur

 

En partenariat avec la ville de Honfleur, l'équipe du festival Les Filmeurs est ravie de vous annoncer la création du Cinéclub de Honfleur pour 2020 !

Les projections ont lieu le premier mardi de chaque mois !

 

Ce cinéclub a pour but de vous faire découvrir des oeuvres rares et singulières de la grande histoire du Cinéma, films souvent méconnus d'auteurs très connus dont la dimension poétique, profonde, joyeuse et engagée se raccorde avec notre monde d'aujourd'hui et nos espoirs à venir !

 

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