Films étudiants - Sélection 2018


Après-coup

Un film de Violette Deffontaines - France | 2017 | 18' - Projection samedi 7 juillet à 16h00

L'exercice du premier semestre : un portrait. Ce sera le portrait de Jarda, ton ami tchèque. T'aimes bien sa manière de vivre, sa cabane, les choix qu’il a fait et qu’il continue de faire, mais tu dérives...

T'es même passée à la seconde personne du singulier.


Tout part d'un portrait, celui d'un ami praguois qui vit dans une cabane au milieu des potagers. Cet ami a l'âge du père de la réalisatrice. Au fil de la discussion, on apprend qu'il a connu sa mère il y a longtemps, qu'il en était amoureux. Alors le film prend une autre tournure, ça se complique, ça devient plus obscur. De ce portrait d'un marginal éclairé, on passe aux secrets de famille dans leurs inextricables passions.

 

Ce film d'étudiant se maîtrise sur un fil, reste avec le vieux fou mais glisse sur les parents, puis reprend l'équilibre et continue sa petite introspection de funambule.

 

Quand au marginal dans sa cabane, il nous sort deux, trois phrases qui nous laissent sans voix. Deux, trois phrases arrachées depuis le vélo, sur des toilettes de fortune ou sur un escabeau en train de poser des roseaux au plafond. Deux, trois phrases qui nous font dire tout au fond de nous, aussi simplement soit-il :

« Tiens ! Celui-là il a compris la vie ! »



Souffle

Un film de Dhia Jerbi - France | 2017 | 8' - Projection dimanche 8 juillet à 16h00

D'un film d'école sur le monde du travail, on se retrouve avec un petit poème sensible sur la question des origines. Comment, déraciné, on en perd sa langue, on se met à bégayer. Un jeune homme parle français et arabe mais les mots ne sortent pas. Ça bute. En quelques minutes le réalisateur nous laisse deviner que pour gagner un nouveau pays il faut en perdre un ancien et avec des images griffonnées de médina, de route la nuit, naît la sensation que le jeune homme en question est à l'image du monde et de son histoire, en plein bégaiement...




Walaka

Un film de Louis Aucoin - France | 2017 | 30' - Projection dimanche 8 juillet à 17h30

Film étonnant que ce "Walaka".

D'une certaine manière, le plus foutraque et le plus audacieux de tous ! On se marre au lieu de pleurer, on passe au second degré sur des sujets sérieux, on glisse du documentaire à la fiction, on témoigne d'horreur en se faisant chambrer, etc...

 

On n'a pas un film sur des réfugiés mais de réfugiés, de l'intérieur, en complète immersion. Des moments pris au hasard, à la volée qui font mouche à chaque fois. C'est tourné comme ça vient, avec ce qu'on a sous la main. Une désinvolture qui n'est pas sans rappeler le ton des films libres dont l'histoire du cinéma a tant besoin et qui nous dit en substance que la jeunesse l'emportera toujours sur la folie des hommes !